Analyse. L'administration américaine ne
semble toujours pas avoir pris la mesure du séisme qu'a entraîné en
Europe la boulimie de la NSA pour les données privées.
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Surveillance du "cloud" : Google se dit "scandalisé", la NSA dément
Le Monde.fr |
La colère est palpable chez les géants du Web, dont les réseaux internes ont été piratés et surveillés par la NSA. "Nous sommes scandalisés de voir jusqu'où le gouvernement
américain semble être allé pour intercepter des données sur notre propre
réseau fibre. Cela met en évidence un besoin urgent de réforme" a réagi David Drummond, le directeur des affaires juridiques de Google, dans un communiqué. "Nous avons des contrôles stricts mis en place pour protéger la
sécurité de nos centres de données, et nous n'avons pas donné accès à
nos centres de données à la NSA ni à tout autre organisme
gouvernemental" a précisé un porte-parole de Yahoo! au Washington Post, qui révèle ces nouvelles informations.
Selon le quotidien, les réseaux internes et privés de Yahoo! et
Google, qui relient leurs différentes fermes de serveurs à travers le
monde et permettent d'organiser et traiter les données personnelles de
leurs centaines de millions d'utilisateurs à travers le monde est
surveillé par la NSA. L'agence américaine en aurait extrait des
centaines de millions de données.
Cités par le quotidien américain, deux ingénieurs "proches de Google" se sont "répandus en injures" lorsqu'ils ont découvert, par l'entremise des journalistes du Washington Post, le post-it classé top-secret expliquant la manière dont procède la NSA pour surveiller leurs réseaux.
"Nous nous préoccupons depuis longtemps de ce genre d'intrusion,
c’est pourquoi nous avons continué à étendre le chiffrement à de plus en
plus de services Google ainsi que les interconnexions, particulièrement
celles visées dans le document. Nous ne donnons accès à nos serveurs à
aucun gouvernement, pas même au gouvernement américain" a par ailleurs précisé M. Drummond dans son communiqué. DÉMENTI À TROUS DE LA NSA
Interrogé lors d'une conférence à Washington, mercredi, le chef de la
NSA, le général Keith Alexander, a contesté les informations du Washington Post. "Je
peux vous dire factuellement que nous n'avons pas accès aux serveurs de
Google, aux serveurs de Yahoo! Nous passons par une décision d'un
tribunal." a-t-il assuré.
De son côté, un porte-parole de l'agence a répondu plus précisément aux informations du Washington Post.
"La NSA opère dans de nombreux cadres juridiques afin de remplir sa mission de défense de la nation. L'affirmation du Washington Post
selon laquelle nous (...) [contournons] les limitations imposées par la
loi sur le renseignement étranger et ses amendements est erronée.
L'affirmation selon laquelle nous collectons de grandes quantités de
données appartenant à des Américains à partir de ce type de collecte est
erronée. La NSA suit des procédures (...) destinées à protéger la vie
privée des Américains (...). Nous sommes concentrés sur la collecte et
l'utilisation de renseignements portant uniquement sur des cibles
étrangères."
La puissante agence américaine réfute certaines informations du
quotidien américain parues dans la presse. mais il reste que ce
communiqué ne dément pas le cœur des informations du Washington Post, à savoir que la NSA a pénétré, à l'étranger, les réseaux entre les serveurs des géants de la Silicon Valley.
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LE MONDE |
• Mis à jour le
|
Par Corine Lesnes (Washington, correspondante)
Son univers est en train de s'écrouler. Après avoir régné dans
l'ombre pendant huit ans sur la tentaculaire Agence nationale de
sécurité (NSA) américaine, le général Keith Alexander est devenu le
visage le plus exposé du moment.
Depuis le début de l'été et les révélations de l'ex-agent Edward
Snowden, il est apparu une demi-douzaine de fois devant le Congrès, la
dernière en date, le 29 octobre, pour défendre la surveillance
planétaire exercée par les « grandes oreilles » américaines. A chaque
fois, sa photo s'étale dans les journaux : il est en uniforme à côté du
directeur national du renseignement, James Clapper, et de deux civils,
le ministre adjoint de la justice, James Cole, et le numéro deux de la
NSA, Chris Inglis. Mission impossible : contrer des révélations qui
s'accumulent tous les jours.
Avant l'affaire Snowden, son nom était inconnu du grand public. « Même les membres du Congrès ne l'auraient pas reconnu dans la rue »,
indique James Bamford, le journaliste qui s'intéressait déjà à la NSA à
une époque où l'existence même de l'agence était quasi secrète
(l'acronyme NSA, disait-on, voulait en fait dire No Such Agency : « une telle agence n'existe pas »). UN MILITAIRE DE L'ÉCOLE POST-11-SEPTEMBRE
Pourtant, Keith Alexander dirige depuis 2005 le service d'espionnage
le plus puissant du monde, un réseau de 37 000 employés dont 4 000
informaticiens, 1 000 mathématiciens et 1 000 titulaires d'un doctorat,
installé sur un complexe de 140 hectares à Fort Meade, dans le Maryland.
« L'homme le plus puissant qui se soit jamais trouvé dans la communauté du renseignement », décrit James Bamford.........
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La réponse de Glenn Greenwald aux déclarations du chef de la NSA
Le Monde.fr |
• Mis à jour le
|
Par Glenn Greenwald (Journaliste)
Glenn Greenwald, avec qui Le Monde
a travaillé sur les documents soustraits à la NSA par Edward Snowden,
répond aux allégations du chef de l'agence, Keith Alexander, selon lequel nous avons "mal compris" ces données. Cette tribune a été initialement publiée en anglais sur son blog.
Le directeur de la NSA, le général Keith Alexander, a assuré hier
[mardi 29 octobre] que les documents issus [du système informatique
secret] Boundless Informant que nous avons publiés – l'un dans Le Monde et l'autre dans El Mundo – ont été mal compris et mal interprétés. La NSA a ensuite chargé divers fonctionnaires de délivrer le même message au Wall Street Journal et au Washington Post.
Inutile de préciser qu’ils ont bénéficié de l'anonymat afin de pouvoir
se vanter librement. Plusieurs journalistes américains ont – inutile là
encore de le préciser – reçu les affirmations de la NSA comme parole
d’Evangile, même si elles n’étaient accompagnées d’aucune preuve,
formulées au beau milieu d’un scandale majeur pour l'agence aux
Etats-Unis et à l'étranger et par des fonctionnaires qui ont déjà, par le passé, menti au Congrès et aux médias.
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